Plus d’un mois après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, la frontière entre le Bénin et le Niger demeure fermée du côté nigérien. Une situation qui contraste avec l’élan d’optimisme suscité par le rapprochement diplomatique engagé entre les deux États et nourrit l’impatience des populations ainsi que des acteurs économiques des deux pays.
À l’issue de la rencontre entre les présidents Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani, tous les signaux semblaient pourtant annoncer une évolution favorable. Le communiqué conjoint publié au terme des échanges témoignait d’une volonté commune de relancer les relations bilatérales. Les deux chefs d’État y réaffirmaient leur engagement à renforcer la coopération politique, économique, scientifique et culturelle, tout en exprimant leur détermination à lever les obstacles entravant cette coopération, au premier rang desquels figurait la réouverture de la frontière bénino-nigérienne. Cette déclaration avait ravivé l’espoir d’un retour rapide à la normale après plusieurs mois de fermeture. Dans la foulée, un comité d’experts a été institué afin d’identifier les contraintes techniques et administratives liées à la reprise des échanges. Investi d’un délai de quinze jours, ce comité a remis son rapport aux deux chefs d’État le 16 juin 2026. Les deux parties se sont alors félicitées des résultats obtenus et ont convenu de poursuivre les concertations en vue de produire un rapport consolidé destiné aux présidents. Cette démarche devait constituer l’ultime étape avant les décisions politiques attendues sur la réouverture effective de la frontière. Dans cette dynamique, une délégation nigérienne conduite par le ministre d’État chargé de l’Intérieur, le général de division Mohamed Toumba, a effectué une mission de travail à Cotonou du 19 au 21 juin 2026. Les échanges entre les deux délégations ont permis d’aborder les modalités pratiques de la reprise des relations frontalières. Au terme des discussions, la partie nigérienne a formulé plusieurs exigences préalables. Elle souhaite notamment la conclusion d’accords en matière de défense et de sécurité consacrant le principe de la non-utilisation du territoire de l’un des deux États contre l’autre, une transparence accrue sur les dispositifs militaires étrangers déployés à proximité de la frontière commune, ainsi que la création d’une cellule bilatérale de renseignement destinée à renforcer la coopération contre le terrorisme et les trafics transfrontaliers. Selon les informations disponibles, le Bénin a accueilli favorablement ces différentes propositions.
Et l’attente qui se fait longue
La suite du processus devait conduire les deux délégations à Niamey pour la phase de finalisation des négociations. Cette rencontre est attendue pour aboutir au paraphe des accords relatifs à la défense, à la sécurité et à la coopération douanière, considérés comme les fondements du nouveau partenariat entre les deux pays. Cependant, cette ultime étape n’a toujours pas été franchie et aucune date officielle n’a encore été annoncée pour la réouverture de la frontière. Ce statu quo entretient les interrogations alors que les populations, les transporteurs et les opérateurs économiques continuent de subir les conséquences d’une fermeture qui affecte les échanges commerciaux et les relations humaines entre les deux États. Au regard des progrès diplomatiques enregistrés ces dernières semaines et de la convergence affichée par Cotonou et Niamey sur les principaux dossiers, une seule interrogation demeure : combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que les engagements pris se traduisent enfin par la réouverture effective de la frontière bénino-nigérienne ? Les jours ou semaines à venir, vont certainement nous édifier.
Gabin Goubiyi
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